Monuments

Monument National de la Solidarité Luxembourgeoise à Luxembourg-Ville

La Seconde Guerre mondiale coûta la vie à environ 1,96% de sa population totale de 290.000 habitants en 1939. Du 10 mai 1940 au 10 septembre 1944 le Luxembourg fut occupé par l'Allemagne nazie en violation flagrante de son statut de neutralité désarmée. Le 17 février 1945, les troupes allemandes se replièrent définitivement du territoire luxembourgeois. Le retour de la Grande-Duchesse Charlotte eut lieu le 14 avril 1945. Situé sur le «Kanounenhiwwel» sur le plateau du Saint-Esprit à Luxembourg-Ville, le Monument National de la Solidarité Luxembourgeoise, inauguré en 1971, fut conçu comme lieu de commémoration pour toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale. La flamme éternelle, ainsi que le sanctuaire à l'intérieur du monument honorent plus particulièrement la mémoire des 91 enrôlés de force luxembourgeois fusillés dans la prison de Slonsk (Sonnenburg) dans la nuit du 30 au 31 janvier 1945. Une urne contenant de la terre provenant du lieu d'exécution repose à l'intérieur de la crypte.

Ce monument est au centre de la commémoration annuelle du massacre de Slonsk, de la Commémoration nationale et dans le cadre des visites d'Etat officielles.

Monument du Souvenir « Gëlle Fra » à Luxembourg-Ville

Le Monument du Souvenir, réalisé par l'artiste luxembourgeois Claus Cito, fut inauguré en 1923 sur la place de la Constitution à Luxembourg-Ville, pour honorer la mémoire des volontaires luxembourgeois combattant dans les rangs de l'armée française au cours de la Grande Guerre. La Seconde Guerre mondiale accentua son caractère symbolique. En octobre 1940, l'occupant allemand mit 3 jours avant d'arriver à le démolir. Une foule de Luxembourgeois indignés protesta devant le chantier. Dans ce contexte les premières arrestations par la Gestapo eurent lieu. Après la Seconde Guerre mondiale, la « Gëlle Fra » devint le symbole de l'indépendance et de l'identité nationales et le lieu de cérémonies commémoratives.

Aujourd'hui, c'est aussi le lieu du souvenir des soldats volontaires luxembourgeois engagés dans les missions des Nations Unies. En 1985, le monument fut inauguré dans son état d'origine.

Chaque 8 mai une cérémonie commémorative rappelle la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Monument National de la Résistance et de la Déportation à Luxembourg-Ville

Le 25 février 1944, 23 résistants furent assassinés dans le camp de concentration SS-Sonderlager/KZ Hinzert. Au fil de l'occupation et surtout après la Grève de 1942, Hinzert devint le lieu de supplice et de torture pour maints patriotes et résistants luxembourgeois. Le Monument National de la Résistance et de la Déportation ("Hinzerter Kräiz") fut inauguré le 10 mai 1969 au cimetière Notre-Dame à Luxembourg-Ville. Ici reposent les corps des 23 résistants rapatriés solennellement au Luxembourg en mars 1946.

Chaque année, autour du 25 février, respectivement à l'occasion de la Journée de la Commémoration nationale, le monument est le lieu d'une cérémonie solennelle du souvenir.

Monument de la Shoah à Cinqfontaines

En 1940, le Luxembourg dénombra environ 3.900 habitants de confession juive. 1.200 périrent dans la Shoah. En 1943, à Cinqfontaines, les autorités allemandes installèrent un camp de rassemblement et de transit pour personnes juives âgées et infirmes, avant de les déporter vers un des ghettos à l'Est de l'Europe. A Cinqfontaines, un monument fut érigé en 1969 en vue de commémorer les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale. Il fut construit en pierres de granit provenant de la carrière de l'ancien camp de concentration de Natzweiler/Struthof. Chaque année début juillet, le monument est le lieu d'une commémoration honorant la mémoire des victimes de l'Holocauste.

Monument National de la Grève à Wiltz

Le 30 août 1942, le Gauleiter Gustav Simon proclama l'introduction du service militaire obligatoire pour les jeunes Luxembourgeois au sein de la Wehrmacht. Le lendemain,  encouragées par une campagne clandestine de la Résistance qui appela à la grève générale, des manifestations anti-allemandes éclatèrent spontanément un peu partout dans le pays occupé. Le 31 août 1942 la « Grève » commença dans la tannerie Ideal à Wiltz. En quelques jours, au-delà de 200 personnes se firent arrêter. 20 patriotes furent condamnés à mort par la Cour martiale (« Standgericht »), un patriote par le tribunal d'exception. Plus de 180 lycéens et lycéennes furent déportés dans des camps de rééducation nazis. Une vague de déportations politiques (« Umsiedlung ») vers l'Est du Reich frappa les familles des insurgés.

En souvenir de ces événements tragiques et héroïques, relayés à l'époque dans la presse du monde entier, le Monument National de la Grève fut érigé en 1956 à Wiltz. Chaque année au 31 août, une cérémonie commémorative est organisée au pied du monument.

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