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La bataille des Ardennes
Une chronologie succinte


Du 9 au 13 septembre 1944, le Grand-Duché de Luxembourg fut libéré par des unités de la 5e division blindée et de la 28e division d’infanterie. Ces deux divisions faisaient partie du  5e corps d’armée de la 1ère armée américaine commandée par le général Courtney Hodges. Au sud-est, des éléments du 3e  groupe blindé de reconnaissance libérèrent la région de Bettembourg-Mondorf. Cette unité faisait partie du  20e corps d’armée de la 3e armée américaine, commandée par le général George Smith Patton jr.

Au moment où les troupes allemandes battues se retiraient derrière le « Westwall » et que l’armée américaine avait le territoire luxembourgeois sous son contrôle, tout portait à croire que la fin de la guerre était proche.

Les « Civil Affairs » américaines, à partir du 23 septembre ensemble avec le gouvernement luxembourgeois revenu d’exil, s’efforçaient de rendre une vie normale possible dans les villes et villages luxembourgeois.

Côté allemand, vers la fin de septembre 1944, Hitler donna l’ordre de préparer des plans pour une contre-attaque massive à l’ouest en misant sur les éléments de surprise, de vitesse et de mauvais temps (afin d’éliminer la supériorité aérienne alliée). Hitler se décida finalement pour ce plan, qui subit encore des changements pendant les semaines suivantes. Il chargea le groupe d’armées B (maréchal Walther Model), composé de trois armées, de se préparer à l’attaque. Le plan, élaboré au grand secret, prévoyait que les forces allemandes attaquant vers l’ouest devaient passer par les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, traverser la Meuse, puis pousser en direction d’Anvers, afin de reprendre ce port devenu une plaque tournante pour le ravitaillement allié depuis la fin du mois de novembre 1944. Poursuivant ainsi un but stratégique, Hitler voulut également exploiter les différents existant entre Américains et Britanniques. En effet, il estimait que la destruction d’un certain nombre de divisions américaines et britanniques dans les Ardennes amènerait un cessez-le-feu temporaire à l’ouest. Ceci lui aurait alors permis de transférer des troupes allemandes sur le front de l’est.

Tous les efforts de mobilisation furent entrepris en Allemagne pour équiper les trois forces d’attaque principales en hommes et en matériel. La 6e armée blindée SS supportait le poids principal d’attaque dans le nord. Au centre, en renfort de la 6e armée, était placée la 5e armée blindée et au sud la 7e armée, avec une mission de garde-flanc défensive, pour protéger les deux armées des contre-attaques américaines.

Côté allié, les Ardennes étaient considérées comme un secteur calme ; en conséquence la ligne du front, tenue par le 8e corps, n’était que faiblement étoffée de troupes. Le commandement allié n’interpréta pas à leur véritable valeur les informations sur de fortes concentrations de troupes allemandes dans la région de Bitbourg qu’il avait obtenues par des habitants du village de Bivels pris comme otages par les Allemands et échappés de leur captivité.

Lorsqu’au petit matin du 16 décembre 1944 l’artillerie allemande ouvrit l’attaque avec un feu nourri et meurtrier, sur le secteur du 8e corps, entre Echternach au sud jusqu’à Montjoie (Monschau) dans le nord (quelque 135 km), la ligne de défense américaine sur la Sûre et l’Our ainsi que sur les crêtes autour de St. Vith et d’Elsenborn, fut complètement surprise.

Le 8e corps se composait alors des 4e et 28e divisions d’infanterie au Luxembourg, renforcées par le groupement de combat (CCA) de la 9e division blindée, de même que de la 106e division d’infanterie nouvellement arrivée en Europe et qui n’avait pas encore vu le feu, dans le secteur de St. Vith.

La progression des Allemands au nord était plutôt lente, abstraction faite du 1er groupe de combat SS « Peiper » qui pénétra profondément les lignes américaines. La 5e armée réussit une percée facile à travers les lignes de la 106e division d’infanterie américaine, mais rencontra une résistance plus touffue dans le secteur de la 28e division d’infanterie, au sud de la ligne Weiswampach-Hosingen. Les localités comme Clervaux, Marnach, Holzthum, Consthum, Weiler, Wahlhausen, devenaient des  noeuds de la résistance farouche des Américains.

Dans le secteur de la 7e armée allemande (Bettendorf-Hoesdorf-Wallendorf), la progression était lente, le terrain étant favorable aux défenseurs américains. Des localités-clé comme Wiltz, Diekirch, Ettelbruck, Beaufort et Echternach ne furent conquises que des jours après la date prévue.

Le 18 décembre, la 6e armée blindée SS traversa l’Amblève et von Manteuffel s’approcha de Bastogne. En réaction immédiate, le général Eisenhower donna l’ordre d’arrêter toute avance alliée vers le Rhin ; il enjoignit au général Patton de contre-attaquer du sud en passant par le Luxembourg.

Le 22 décembre, l’avance allemande s’essouffla au nord. La 6e armée blindée SS dut céder des unités afin de renforcer l’attaque contre Bastogne, carrefour d’importance stratégique primordiale pour l’avance allemande. Bastogne, défendue par la 101e division aéroportée, le groupement de combat (CCB) de la 10e division blindée et d’autres unités, refusa de se rendre. On retiendra le fameux « Nuts ! » du général Mac Auliffe.

La neige rendit les opérations militaires très pénibles pour les deux côtés.

Le 24 décembre, le haut commandement allemand se rendit à l’évidence : l’offensive avait échoué. Le surlendemain, des unités de la 4e division blindée américaine réussirent à percer l’encerclement de Bastogne. Toutes les tentatives allemandes de prendre la ville échouèrent. Lors des batailles qui se développèrent dans la suite à des températures en-dessous de zéro degrés, les Allemands passèrent à la défensive et durent même battre en retraite. La poussée de la 3e armée américaine vers le nord eut pour conséquence la reprise de la ville d’Ettelbruck, le jour de Noël 1944, par la 80e division d’infanterie. Diekirch et le secteur de la Sûre restèrent aux mains des Allemands.

Le 9 janvier 1945, la 3e armée du général Patton attaqua au sud-est de Bastogne, afin de détruire les unités allemandes dans ce secteur. Dans le cadre de ces combats, la bataille autour du carrefour du « Schumanns Eck », près de Wiltz, s’avérera avoir été l’une des batailles les plus intenses, sanglantes et coûteuses du front occidental.

Du 30 décembre 1944 au 22 février 1945 une nouvelle arme-V (Vergeltungswaffe), le V3, avait tiré quelque 180 fois sur la ville de Luxembourg. Les dégâts furent peu importants.

Le 18 janvier 1945, le général Patton lança une contre-attaque afin de liquider le saillant (d’où «  the bulge »). La 5e division d’infanterie traversa la Sûre et libéra Diekirch dans des conditions météorologiques extrêmes. Lors de la poussée de la 3e armée vers le nord du Luxembourg, Wiltz fut libéré le 21 janvier et Clervaux le 25 janvier 1945 par la 26e division d’infanterie.

A la fin du mois de janvier, les Allemands avaient été repoussés sur leurs positions de départ du 15 décembre 1944.

Le 7 février 1945, après la libération d’Echternach, les alliés entreprirent l’invasion principale de l’Allemagne et la campagne en Rhénanie, alors qu’à l’est l’offensive de l’Armée Rouge avait commencé des semaines plus tôt.

Vianden était la dernière localité luxembourgeoise à retrouver sa liberté, le 12 février 1945.

Bilan humain

Malgré des différences dans les statistiques, les pertes subies pendant la « Bataille des Ardennes » pour la période 15 décembre 1944 – début février 1945 peuvent être considérées comme étant les suivantes :

forces américaines           

  • 18.500  tués
  • 46.200 blessés
  • 10.900 prisonniers de guerre et portés disparus

forces britanniques         

  • 200 tués
  • 240 blessés
  • 970 prisonniers de guerre et portés disparus

forces allemandes           

  • 29.800 tués
  • 34.450 blessés
  • 22.500 prisonniers de guerre et portés disparus

victimes civiles au Luxembourg et en Belgique

3.800 tués et blessés